Amaigrissement et schizophrénie obsessionnelle

We report 2 cases of patients with psychotic disorders showing two different situations: the first of which following hyperthyroidism with poor medication adherence and the second secondary to hypothyroidism after thyroidectomy. These cases highlight the role for thyroid hormonal balance in the onset of psychotic manifestations and emphasize the need to eliminate dysthyroidism before any psychotropic treatment.

Le dépistage des troubles psychiatriques d'origine secondaire est une préoccupation cruciale pour le psychiatre. Mais comment s'y repérer avec fiabilité parmi un grand nombre d'affections, la plupart d'entre elles ayant une prévalence faible. En pratique courante chaque psychiatre est amené régulièrement à devoir prendre en charge des troubles mentaux de présentation atypique.

Ces manifestations peuvent être secondaires à une affection organique générale. Ne pas diagnostiquer ces pathologies entraîne une perte de chance pour le patient, puisque certaines d'entre elles peuvent être prises en charge par des thérapeutiques efficaces [ 1 ]. La survenue de troubles mentaux au cours de pathologies endocriniennes est un fait établi depuis plus d'un siècle. Réciproquement, des traumatismes psychologiques peuvent avoir un rôle dans le déclenchement de certaines endocrinopathies, comme dans la maladie de Basedow.

Ces dernières années ont vu le développement des examens neuroendocrinologiques chez des patients atteints de troubles psychiatriques indemnes de toute affection endocrinienne, afin d'évaluer l'activité du système limbo-hypothalamo-hypophysaire. Si de nombreuses anomalies neuroendocriniennes ont été décrites au cours des troubles psychiatriques, les méthodologies qui sous-tendent de telles explorations sont loin d'être standardisées.

Ainsi, les résultats qui en découlent, parfois contradictoires, se doivent d'être évalués de manière critique. Les tests neuroendocriniens demeurent de précieux outils d'investigation mis à la disposition du clinicien et du chercheur, mais leur pertinence dépend du contexte dans lequel ils sont utilisés [ 2 ].

Les dysthyroïdies sont impliquées dans différentes pathologies psychiatriques, surtout dans les troubles de l'humeur. Cependant, les troubles psychotiques sont rarement décrits, pour lesquels seuls quelques cas ont été publiés. Le lien entre ces deux affections est encore mal élucidé. L'objectif de ce travail était de discuter, à travers deux cas cliniques, les troubles psychotiques en lien avec des dysthyroïdies. Patiente âgée de 53 ans, mariée et mère de 04 enfants, non scolarisée et issue d'un milieu rural.

La patiente est sans antécédents psychiatriques, ni médico-chirurgicaux ni toxiques. L'histoire de la maladie remonte à 3 mois avant la consultation en psychiatrie, la patiente ayant consulté en oto-rhino laryngologiste ORL pour bilan d'un goitre découvert devant l'apparition d'une masse cervicale, d'un amaigrissement et d'une insomnie.

Une échographie cervicale effectuée a révélé un goitre thyroïdien multinodulaire. Les bilans biologiques ont retrouvé un taux de TSH thyroid stimulating hormone effondré avec des taux des hormones thyroïdiennes FT3 et FT4 normaux.

La recherche d'anticorps antithyroïdiens était négative. Devant ce tableau d'hyperthyroïdie la patiente a été mise sous carbimazole mais avec mauvaise observance. La famille a alors noté progressivement l'apparition d'une irritabilité et d'une insomnie marquée.

Par la suite, la patiente a commencé à présenter des états d'agitation répétés, à verbaliser des propos incohérents, un vécu persécutoire, disant que sa fille veut la tuer ou encore que la gendarmerie veut l'arrêter avec une instabilité psychomotrice permanente. Cette évolution s'est faite d'un seul tenant sans retour à l'état prémorbide, et devant l'aggravation progressive de sa symptomatologie, la patiente a été ramenée en consultation psychiatrique par sa famille.

L'examen psychiatrique a trouvé une patiente instable sur le plan psychomoteur, avec une angoisse très marquée. L'exploration de la pensée a révélé la présence d'un syndrome délirant mal systématisé, à thème de persécution, à mécanisme intuitif et rapporté avec conviction et forte charge affective, ainsi que la présence d'éléments dissociatifs avec des réponses à côté et des verbigérations.

Il n'y avait pas de syndrome hallucinatoire, ni de trouble de l'humeur. Il n'y avait pas non plus de signes de confusion mentale. L'évolution a été favorable sous traitement, avec nettoyage complet de sa symptomatologie au bout de 3 mois de traitement.

La patiente a ensuite bénéficié d'une thyroïdectomie totale et a été mise sous levothyroxine. Patiente âgée de 51 ans, mariée mère de 11 enfants, femme au foyer, de bas niveau socioéconomique, admise aux urgences psychiatriques pour extrême agitation. L'histoire de la maladie remonte à trois jours après la thyroïdectomie par des cauchemars à répétition suivis au réveil par des propos incohérents et des troubles de comportement avec parfois une agressivité envers ses filles aggravée une semaine après par un refus alimentaire et une insomnie.

A l'admission, patiente très agitée avec une bizarrerie comportementale, le contact est difficile, avec des propos incohérents flous et mal systématisés principalement de persécution ils veulent me tuer; ils veulent me rendre folle. L'évolution a été marquée par une atténuation des symptômes délirants sur une durée de 10 jours.

Le suivi en ambulatoire a été caractérisé par une stabilisation de son état et un retour complet à l'état prémorbide avec normalisation de son bilan thyroïdien.

Le lien entre thyroïde et symptômes psychiatriques est bien établi. Ainsi, la relation entre troubles de l'humeur et dysthyroïdie est assez bien étudiée, mais les cas de psychose associés à une hyperthyroïdie restent rarement rapportés dans la littérature [ 3 ].

Ainsi, à part les cas disparates retrouvés, un seul travail a étudié une série de 18 cas d'hyperthyroïdie associée à des troubles mentaux, afin d'en préciser l'association statistique. Ces cas ont été recrutés sur une période de 20 ans. La moyenne d'âge était de la tranche d'âge de notre patiente 54 ans. Les patients les plus jeunes présentaient une maladie de Basedow et les plus âgés un goitre multinodulaire. L'étude a finalement conclu à l'absence d'un tableau typique de troubles psychiatriques de l'hyperthyroïdie, mais avec une nette prédominance de symptomatologie maniaque et dépressive.

Des cas relevant du spectre psychotique, ont été retrouvés en moindre nombre, ce qui souligne la rareté de ce tableau clinique [ 4 ], et l'originalité de notre travail. Plusieurs études évoquent l'action synergique depakote 500 prise de poids zoely amines biogènes et des hormones thyroïdiennes impliquée dans de nombreux processus métaboliques du cerveau et qui a manifestement un rôle important dans la détermination de l'état psychiatrique.

D'un autre côté, d'autres études démontrent une co-occurrence des maladies auto-immunes, les affections inflammatoires chroniques et les troubles mentaux.

Dans ces études, une association positive a été trouvée entre la survenue de la maladie de Basedow et troubles psychotiques [ 67 ]. Les symptômes neuropsychiatriques régressent habituellement sous traitement antithyroïdien. Cependant, des manifestations psychotiques nécessitant la prescription de neuroleptiques ont parfois été rapportées au cours de traitements antithyroïdiens [ 8 ]. Les arguments en faveur de l'origine thyroïdienne sont la sévérité et l'ancienneté de l'hyperthyroïdie, le lien chronologique entre les troubles ainsi que l'évolution rapidement favorable des symptômes psychotiques sous traitement antithyroïdien.

Ces causes sont dans la plupart des cas curables et de bon pronostic [ 6 ]. La schizophrénie est une psychose, qui se manifeste par la désintégration de la personnalité, et par la perte du contact avec la réalité.

C'est la maladie mentale chronique la plus fréquente. Les symptômes sont variés. Il peut être nécessaire d'hospitaliser ces patients, en particulier au début de la maladie. La schizophrénie est la maladie mentale chronique la plus courante. Elle se déclare le plus souvent à l'adolescenceentre 15 et 25 ans. Même si les traitements permettent aujourd'hui de mieux vivre avec la maladie, elle fait encore l'objet de stigmatisation voire de discrimination.

La recherche n'a pas mis en évidence de cause unique. Il existe probablement un facteur génétique. L'Inserm parle notamment de mutations ponctuelles qui pourraient altérer des gènes impliqués dans la plasticité neuronale, c'est à dire la capacité des neurones à adapter leur activité à l'environnement.

Des facteurs environnementaux pourraient aussi avoir un rôle comme par exemple :. Dans beaucoup de cas, la schizophrénie est précédée par des "états schizoïdes" qui permettent encore à l'individu de mener une vie quasi normale en apparence et qui ne constituent qu'une accentuation de ses particularités caractérielles.

Il apparaît songeur, renfermé, sujet à des impulsions irraisonnées. Au début, l'adolescent décroche sur le plan scolaire. Il a de plus en plus de difficulté à se concentrerà maintenir son attention.

Ces troubles résultent de l'incapacité progressive du patient à utiliser ses capacités intellectuelles. L'entourage essaie souvent de minimiser le caractère pathologique de ces comportements, et fournit des explications : cause somatique, paresse, crise de croissance, crise d'adolescence, considération de l'échec comme la cause et non comme la conséquence de la perte d'efficience. Les troubles affectifs sont trompeurs également, car ils sont aussi vécus par tout adolescent qui accède à l'âge adulte.

Le caractère paraît changer : le jeune est morose, froid, indifférentil n'a plus d'élans affectifs, il s'isole de plus en plus et abandonne ses investissements extérieurs. Il fuit la compagnie de ses camarades et se montre irascible, hostile lorsqu'il se trouve au sein de sa famille.

Ses bizarreries deviennent plus nombreuses. Son regard se dérobe. Il sourit sans raison ou esquisse des mouvements dont on ne perçoit pas la cause. Sa sexualité est perturbée"mal intégrée".

Il arrive que l'adolescent lutte instinctivement contre la dépersonnalisation qui le menace. Il s'attache alors à une idéeun concept religieux, un idéal politique, un système philosophique autour duquel il tente de se "rassembler". Ce comportement du pré-schizophrène rappelle sous ses divers aspects la crise de l'adolescent qui est, elle, normale, et il n'est pas toujours facile de faire la part des choses.

La personne ne passe pas par les phases préliminaires. Elle peut être plongée dans une indifférence absolue et éprouver l'impression d'être dédoublée. La bouffée délirante aiguë est un mode d'entrée dans la maladie particulièrement brutal : elle s'installe en quelques heures, chez un patient entre 18 et 45 ans, qui n'a pas d'antécédents psychiatriques en dehors parfois d'épisodes similaires.

Amaigrissement et schizophrénie obsessionnelle

D'emblée le délire est constitué et la personne va agir en fonction de ce dernier, ce qui explique les conduites bizarres souvent observées fugues, bagarres, actes médico-légaux. Dans la phase aiguë de la maladie, le schizophrène ne parvient même plus à vérifier sa propre réalité dans les objets et les êtres qui l'entourent.